Tout commence par une question simple : pourquoi certains ménages recyclent-ils, et d'autres non ? De 2010 à 2015, Ankinée Kirakozian consacre sa thèse de doctorat à l'économie des déchets, à l'Université Nice Sophia Antipolis — l'une des premières recherches à croiser aussi finement comportements individuels et politiques publiques sur ce terrain.
Les cinq années suivantes sont celles de la recherche appliquée : chercheuse postdoctorante au CMA de MINES ParisTech, puis au sein du laboratoire CRISS de l'Université Polytechnique Hauts-de-France, elle élargit son terrain d'étude à l'énergie et à la mobilité, toujours avec la même méthode — comprendre les déterminants du comportement avant de concevoir une politique publique.
Dès 2019, elle prend un statut indépendant pour répondre, en parallèle de la recherche académique, à des missions d'expertise ponctuelles telles que le Bureau International du Recyclage, le Joint Research Centre de la Commission européenne, Airparif, la RATP, etc.
En 2020, elle devient maîtresse de conférences titulaire à MINES Nancy (Université de Lorraine), au sein du laboratoire BETA. Elle y enseigne l'économie générale, l'économie de l'environnement et l'économie des politiques publiques, poursuit les projets déjà engagés et en pilote de nouveaux sur les déchets, la mobilité, le risque climatique ou l'hydrogène. C'est aussi durant ces années qu'elle prend la présidence du Comité métropolitain pour le Climat de la Métropole du Grand Nancy (2022-2023).
En 2023, elle fait le choix de quitter l'université pour se consacrer pleinement au terrain : rapprocher la recherche de l'action, et contribuer plus directement aux décisions environnementales des collectivités, institutions et projets européens.
En 2025, elle rejoint l'Office International de l'Eau (OiEau) comme chargée de projet européen, en charge de l'exploitation économique des résultats de recherche sur des projets européens consacrés à l'eau — InnWater, OPTAIN, AWARD, SOLUCIR. Économiste de l'environnement, elle y met ses outils au service de ces projets sans être elle-même spécialiste du secteur de l'eau : l'expertise technique et hydrique est apportée par ses collègues ; la sienne porte sur l'évaluation économique, la valorisation des résultats et la mesure de l'impact.
Aujourd'hui, elle accompagne les organisations qui souhaitent fonder leurs décisions sur des preuves scientifiques — avec la conviction que la recherche n'a de valeur que lorsqu'elle améliore une décision et produit un impact concret.